Pourquoi j'ai pas eu le ballon d'or?

« Je ne suis pas un numéro, je suis un joueur libre »

Parce qu’on le résume souvent à un nombre de points, à un numéro de maillot et à un prix de transfert, le football n’est pour beaucoup et en somme qu’une simple affaire de chiffres. Et ceux de la Fifa, souvent corrompus, ne changent pas l’énoncé du problème au moment de consacrer chaque année le nouveau (même ?) ballon d’or. C’est donc animés du plus pur esprit cartésien, « je dépense donc je suis », que les oligarques du football mondial élisent ainsi le meilleur résultat annuel, sur la base d’un ratio minutes jouées/buts marqués/titres gagnés tout juste bon à dérider les culs de poule d’un service compta.

Sauf que. Sauf que le football ça n’est heureusement pas que ça. Et c’est même bien plus. Le football est un art. Et l’art, n’en déplaise aux galeristes de la Fifa, ne s’accommode pas d’un prix, fût-il en or. Car le ballon n’est rien, ou si peu. Il n’est que la plume qui permet à l’artiste de s’exprimer, la danseuse sublimée par les pas de son cavalier. Il n’est d’or que parce ce qu’il a été poli par l’orfèvre, et non parce qu’il est mis en vitrine par le diamantaire. Et si un Léo enfile les trophées lorsqu’un autre attend toujours son Oscar, la distinction ne doit pas pour autant nous faire oublier leur point commun : on ne désigne pas le talent, c’est lui qui choisit son homme.

Voilà donc ce qu’est le football. L’art libre qui se fout de la géométrie variable d’un 4-4-2 ou d’un 3-5-1 ; la folie esthétique des poètes que l’esprit binaire n’arrive pas à déchiffrer ; le plébiscite universel décidé en dehors des isoloirs des instances mondiales. Il est le coup de patte de Sneijder, le coup de rein de Ribéry, le coup du sombrero d’Eto’o, le coup de gueule de Materazzi. Ces opposants à la dictature du chiffre, ces minorités insoumises du nombre, ces affranchis de leur numéro. Ceux qui sans doute n’obtiendront jamais le prix suprême, pour ne pas avoir à payer celui de leur liberté. 

14 janvier 2014, cette nuit j’ai fait un rêve. Si j’aurais su, j’aurais pas dormi. Aujourd’hui, trop de questions cognent dans ma tête. J’ai rêvé que le ballon d’or était pour moi, j’ai rêvé que Zahia n’exista pas, j’ai rêvé que Knysna c’était qu’un carré de chocolat Merveilles du Monde, j’ai rêvé que Gourcuff c’était une marque de prothèse de hanches, j’ai rêvé que Domenech mangeait ses sourcils. J’ai rêvé que ma gueule était normale…Wallah chuis fatigué… Hier quand Ronaldo a soulevé le ballon roro, j’étais presque soulagé à l’intérieur de moimême. C’est comme si un rappeur avait gagné la Star Ac’. T’imagine, gros ? La HONTE. Je suis le duc de Boulogne. Le vrai, couzin. Pas Booba que j’entends dans mon casque pour faire style j’te vois pas avec ton stylo de suceuse derrière les barrières. Moi, c’est Boulogne sur ta mère, Nausicaa city. Chez nous, les riches mangent chez Aldi.

Retrouvez l'intégralité de l'article dans le All Eyez #2

TEASER ALL EYEZ #3
 
Abonnement 1 an
6 numéros pour 25€ + goodies
Bonus bd
ZIKI BALLON D'OR

Anciens numéros